Compte rendu sortie mycologique du 20/11/16

Et nous voilà réunis pour cette première sortie d’Anuma, pour laquelle nous nous retrouvons ce dimanche 20 novembre 2016, sur le site du parc naturel régional de la Sainte-Baume, aux alentours de Mazaugues, dans une atmosphère humide et ombragée en compagnie de la Société Mycologique de Provence qui a gentiment accepté de nous accueillir pour participer à cette journée champignonesque !! Nous sommes donc une trentaine partis pour la découverte (et la cueillette) des champignons.

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Ephippigère diurnus diurnus

Après quelques explications générales sur la mycologie et sur la façon de ramasser les champignons afin de pouvoir les identifier au mieux par la suite (ramasser avec le pied, faire attention à la végétation environnante, etc…), nous nous séparons en petits groupes. Chaque groupe part alors de son côté et, munis de paniers et de couteaux, nous commençons nos activités.

En se frayant des chemins à travers les pins, bercés par le chant mélodieux du Merle noir (et quelques tirs de chasseurs…) nous croisons le chemin de quelques Ephippigères des vignes (Ephippigère diurnus diurnus). Mais la météo n’est pas en notre faveur, la faune locale ne se manifeste guère. Nous observons cependant de nombreuses galles sur les pédoncules de certaines feuilles de chêne et sur des branches, indiquant la présence d’insectes du genre Cynips, dont la piqûre dans les végétaux provoque ces galles.

L’ambiance est bonne et après plusieurs heures de prospection et de collecte nous nous retrouvons pour mettre en commun toutes nos trouvailles.

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Récolte du jour

C’est alors que commencent les identifications grâce à l’aide de professionnels (des membres aguerris de la Société Mycologique de Provence ). Leur grande connaissance a permis l’observation d’un myxomycète rare, le Wilkomlangea sp. Ce myxomycète ne pousse que sur le bois mort du chêne et forme des plasmodes rouges qui mangent la lignine, la cellulose ou les bactéries du bois, et se déplacent pour se nourrir (le cytoplasme bouge d’avant en arrière).
De nombreuses familles sont ainsi relevées comme les russules, reconnaissables par un chapeau rouge, voire bordeaux sur le dessus pour certaines. Leurs conseils en manière de détermination des champignons ont été précieux notamment quant à l’ordre à suivre : il s’agit d’abord de regarder la forme générale du chapeau, du pied, la couleur (chapeau + pied), mais aussi l’odeur pour certain (Clytocybe odora possède par exemple une odeur anisée), l’ aspect (visqueux…), et au besoin la ligne de bataille (coloration entre la chair et les tubes lorsque l’on observe une coupe longitudinale du champignon), et bien sûr leur écologie (espèces végétales associées).
Il est bien souligné de ne jamais couper un champignon au couteau au niveau du pied, mais toujours en-dessous, sinon celui-ci pourrit et laisse la possibilité à des bactéries de s’installer et éventuellement de tuer le mycélium…
Il est midi… déjà ! Le groupe s’installe pour manger.

Après un bon moment de repos, la détermination mycologique reprend gaiement malgré la météo et le vent qui se lève. C’est au tour de la famille des cortinaires de faire leur entrée dans l’inventaire : il en existe des milliers mais seulement un est bon à la consommation.

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Auriscalpium vulgare: Hydne cure-oreille

On nous explique par ailleurs que la diversité de champignons présents en général sur les arbres (certains, au niveau des feuilles/aiguilles, servent à fixer la chlorophylle) est étonnamment élevée puisque l’on peut trouver jusqu’à plus de 1000 espèces de champignons différentes sur un seul individu. Et si on élimine chimiquement ces champignons au niveau des branches de l’arbre, celles-ci finissent par mourir !

 

Cette journée se termine avec plus de quatre-vingts espèces de champignons déterminées. Quelques individus restent indéterminés (trop vieux ou trop abimés), tandis que d’autres, impossibles à déterminer sur le terrain, sont ramenés pour être analysés à la loupe binoculaire. (Les données manquantes seront partagées)

A la suite de cette excellente journée, nous tenons à remercier chaleureusement les membres de la Société Mycologique de Provence pour leur accueil, leur enthousiasme et bien sûr pour le partage bienveillant de leur savoir !

Voici un petit rappel sur la morphologie des champignons et les différents types de lames permettant l’identification :

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INVENTAIRE FINAL:

  • Ascomycètes (spores dans des asques ; types morilles, truffes, pézizes)

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    Helvella crispa : Helvelle crépue

  • Chelomenia : pézize (=coupes) oranges avec poils, pousse sur les bouses de vaches
  • Otidea umbrina : brun, pézize non fermée (fente)
  • Otidea onotica : orangé, pézize non fermée
  • Péziza/Aleuria aurantia : pézize orange
  • Helvella crispa : Helvelle crépue
  • Basidiomycètes (spores dans des basides) :
  • Ramaria aurea : Clavaire dorée, absence de chapeau et de lames, fait partie des Clavaires, les Ramaires.
  • Tremiseus Helvelloides : de la famille des trémelles
  • Cantharellus Lutescens : chanterelle jaune
  • Gastéromycètes (vesse de loup)
  • Lycoperdon perlatum : vesse de loup perlée différente de la vesse de loup des prés
  • Formation de croûtes sur le bois
  • Chomatricha nigra: myxomycète noir et rare
  • Trémelles sur bois (à déterminer)
  • Corticiacae : pourrissent le bois (à déterminer)
  • Trichaptum fusco violaceum
  • Polypores (parasitent arbres puis saprophytes, Pores à la place des lames) :
  • Stereum hirsutum : stérée hirsute
  • Ganoderma carnosum : pores sur le côté inférieur du chapeau, pousse sur écorce de pin
  • Ganoderme lucidum : ganoderme luisant, idem que le précédent mais pousse sur écorce de chêne
  • Hydnum repandum : Pied de mouton, blanc quand il pousse sous des conifères et couleur saumon quand il pousse sous des feuillus
  • Phellodon niger : noir, coriace, à aiguillons
  • Hydnellum ferrugineum : Hydne ferrugineux, à aiguillons, quand il est jeune il excrète des larmes de sang et est blanc
  • Auriscalpium vulgare: l’Hydne cure-oreille, à aiguillons, même famille que pied de mouton, pousse toujours sur des cônes de conifères enfouis
  • Fistulina hepatica : fistuline hépatique, langue de bœuf, pousse sur chêne ou châtaignier
  • Bolets, présence de tubes accolés (certains sont visqueux : voile protégeant de la sécheresse et du vent + protège les tubes des collemboles) :
  • Suillus Colinitus : Bolet à base rose, mycélium rose
  • Suillus Granulatus : Bolet granulé, pissacan, mycélium blanc
  • Suillus luteus : bolet jaune ou nonette voilée
  • Hygrophoropsis sp. : Bolets à lames (sur bois de conifères)
  • Paxille atrotomentosus : Paxille à pied de velours maintenant Tapinella (mortel, pousse sur souches de conifères)
  • Russules : possèdent des cellules rondes, cassent comme de la craie (crac !), pas de lait ; se reconnaissent par l’ensemble des couleurs du chapeau, du pied et à l’odeur (après avoir frotté les lamelles), peut réaliser une sporée sur papier moitié noir moitié blanc (sera blanche à jaune foncée)
  • Gomphidius rutilus : gomphide rutilant ou Gros clou rouge : lamelles et rouge dessus
  • Lactaires : cellules rondes, lait ; se distinguent par l’aspect du chapeau, le lieu où on l’a ramassé (mycorhiziques donc regarder l’arbre en question) et couleur du lait (quelques lactaires poussent en montagne et ont une odeur de noix de coco)
  • Lactarius chrysorrheus : Lactaire à lait jaune, lait jaune et pousse sous chênes
  • Lactarius atlanticus : Lactaire atlantique, lait blanc immuable (= reste blanc même après l’avoir touché)
  • Lactarius deliciosus : Lactaire délicieux, lait orange immuable (sous pin à 2 aiguilles)
  • Lactarius semisanguifluus : Lactaire semi sanguin, lait carotte puis devient rouge
  • Lactarius sanguifus : Lactaire sanguin, lait rouge foncé immuable
  • Hygrocybes (profitent des arbres) et Hygrophores (mycorhiziques souvent visqueux) :
  • Hygrocybe konradii: hygrophore de Konrad, orange (chapeau + pied)
  • Hygrocybe Conica : hygrocybe conique, noircit quand on le touche
  • Hygrophorus cossus : hygrophore à odeur de chenille, blanc
  • Cuphophyllus russo-coriaceus: Hygrocybe à odeur de cuir de Russie, sent l’orgeat, moins visqueux et pousse sous les conifères
  • Hygrophorus russula : Hygrophore russule, rouge taché
  • Hygrophorus pennarius : Hygrophore comestible
  • Hygrophorus latitabundus : hygrophore limace ou Museau de veau, chiné (=marbrures sur le pied), pousse sous les conifères et seul le chapeau dépasse (assez enterré)
  • laccaria laccata : laccaire laqué, reflets roses dessous, mycorhizes des pins (ONF plante les deux ensemble pour favoriser croissance des arbres)
  • Tricholomes : plusieurs centaines d’espèces en Europe, mycorhiziques associés aux arbres (aide pour l’identification), cellules longues, lames échancrées, différentes couleurs :
  • Tricholomes jaunes :
  • Tricholoma equestre : Tricholome équestre, lames jaunes, ne sent rien (interdit à la vente car possède des toxines qui s’accumulent et attaquent les fibres musculaires : mortel en quelques semaines, appelé le canari)
  • Tricholoma sulphureum : Tricholome soufré, lames jaunes et sent le soufre
  • Tricholomes bruns :
  • Tricholoma fracticum : Tricholome de Batsch, brun, décoloré en haut du pied
  • Tricholoma albo-brunneum : Tricholome brulé
  • Tricholoma sejunctum : Tricholome disjoint, jaune sur le dessus, reflets jaunes à l’intérieur des lames (confondu avec l’amanite phalloïde)
  • Tricholoma caligatum : Tricholome chaussé, « matsusake » au Japon
  • Tricholomes gris (chapeau gris, pied gris ou blanc, chiné ou non) :
  • Clitocybes : (lames décurrentes : s’insèrent plus bas sur le pied et rigole avant l’attache, beaucoup d’espèces sont très toxiques souvent plus claires) :
  • Clytocibe maxima : Clitocybe très grand
  • Clytocibe phyllophila : Clitocybe des feuillus, très toxique
  • Clytocybe odora : Clitocybe odorant ou anisé, vert et sent l’anis
  • Saprophytes de feuillus ou conifères ; poussent en touffes (semblent partir d’un seul et même pied) sur des débris ligneux :
  • Spathularia flavida : Spathulaire jaune, petit jaune
  • Pholiota sp. : pholiote sp., possède un voile
  • Groupe proche des tricholomes : chair élastique
  • Lyophyllum semitale : Tricholome salissant, lames changent de couleur après les avoir chatouillées
  • Lépistes (violets, sporée blanche, saprophytes, absence de cortine) :
  • Lepista nuda : pied bleu, devient beige en vieillissant
  • Cortinaires (fils quand on les casse car cellules allongées, possèdent une cortine = filaments protégeant les lames, du bord du chapeau et bord des lames (peut former un voile), sporée brune = traces marron au deux tiers du pied ; sur plusieurs milliers une seule espèce est comestible)
  • Cortinarius mucosus : Cortinaire muqueux, blanc crème puis devient rouille, très visqueux sur pied et chapeau
  • Cortinarius subolivascens : Cortinaire peu olivacé, vert et visqueux sur pied et chapeau
  • Cortinarius glaucopus : Cortinaire à pied glauque, restes de violet dans les lames et effet croûte de pain sur chapeau
  • Cortinarius infractus : Cortinaire à marge brisée
  • 1 cortinaire indéterminable car parasité par un autre champignon : se déforme et durcit
    Tout cortinaire avec des couleurs (jaune, vert, orange, rouge) = toxiques !!
  • Cortinarius croceus : Cortinaire jaune, lames oranges, mortel
  • Cortinarius cinnamomeus luteus : Cortinaire à lames cannelles
  • Cortinarius venetus : Cortinaire vert olive, de couleur verte
  • Lépiotes : dans les jardins, sentent le caoutchouc brûlé, la peau sur le chapeau est « desquamée » (comme les coulemelles)
  • Gymnopilus picreus : Gymnopile amer, à lames jaunes
  • Inocibes sp.

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    Chelomenia sp.

  • Galerina marginata : Galère marginée, pousse sur bois de conifères, semblant d’anneau, mortelle
  • Mélanoleuca sp. : groupe à pied fibreux, chapeau élastique, lames blanches (1 espèce de montagne a des lames jaunes)
  • Coprinus picaceus : coprin pie
  • Hypholoma fasciculare : Hypholome en touffe, lames vert de gris, couleur jaune sur chapeau et pied.
  • Hebeloma sinapizans : Hebelome moutarde

 

Pour de plus amples informations :

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