Atelier Malacologie dans les Calanques du 09/12/2017

[Rapport rédigé pour la Société Linnéenne de Provence]

Pour cette sortie dans les Calanques nous partons de Callelongue pour contourner le Rocher des Goudes par le sentier qui mène à la grotte de Saint-Michel-d ’Eau-Douce. Le retour se fait par le Vallon de la Mounine. Nous sommes 13 participants, dont des adhérents de l’association ANUMA.

A la sortie du village de Callelongue, sur les talus rudéralisés, nous observons un cortège d’espèces assez riche. Il y a un certain nombre de taxons anthropophiles dont certains, bien que d’origine méditerranéenne, ont été introduits en France depuis la préhistoire ou l’antiquité. Nous noterons :

  • Rumina decollata, espèce omnivore (dont autres espèces de mollusques et excréments) et seule représentante de sa famille dans la région (Subilinidés). La coquille allongée est privée de son apex à maturité. Celui-ci est remplacé par un opercule calcaire ce qui permet de reconnaître très facilement cette espèce.
  • Eobania vermiculata, consommé par l’Homme en Espagne. La coquille est vermiculée, d’où son nom.
  • Sphincterochila candidissima, taxon très xérophile, seul représentant de sa famille dans la région (Sphinctérochilidés). On distingue facilement cette espèce à sa coquille globuleuse et blanche immaculée, très dure.
  • Helix melanostoma, nommé ainsi à cause de son péristome de couleur brune.
  • Theba pisana, dont nous pourrons observer le polymorphisme important du patron chromatique de la coquille. Les caractères diagnostiques sur le terrain comprennent l’épaississement très souvent rosé du péristome et la demi-fermeture de l’ombilic.
  • Xeropicta derbentina, espèce envahissante originaire des Balkans.
  • Xerotricha apicina, petit escargot habitué des milieux sablonneux. La pilosité du periostracum est précocement caduque, les coquilles adultes de cette espèce se distinguent alors par un fond clair parsemé de flammulations brunes le long des sutures.
  • Cornu aspersum (=Helix aspersa), gros hélicidé à la coquille caractéristique : péristome très grand, tours de spire élevés, ombilic fermé, periostracum flammulé. Cette espèce a servi de modèle pour de nombreux aspects de la biologie et de l’écologie des gastéropodes.
  • Trochoidea trochoides, petite espèce à coquille pyramidale, dont les sutures sont marquées par un petit bourrelet.
  • Cernuella virgata, déjà présente dans les Calanques pendant l’époque romaine, indiquant l’occurrence d’activités agro-pastorales.

 

 

Grotte de St-Michel d’eau douce Crédit photo : Benjamin Ignace

 

Pas de La Demi-Lune Crédit photo : Benjamin Ignace

Puis, pour le reste de la journée, nous parcourrons la garrigue où nous observons des espèces caractéristiques de basse Provence calcaire et des milieux ouverts méditerranéens :

  • Pomatias elegans, faisant partie des quelques espèces de gastéropodes continentaux dont l’ouverture peut se fermer par un opercule persistant (à ne pas confondre avec un épiphragme) et dont les sexes sont séparés (individus différents). On peut trouver cette espèce dans une grande variété d’habitats.
  • Zonites algirus, très grande espèce surnommée localement « mange-merde » en raison de son régime occasionnellement coprophage. Il se nourrit également d’autres gastéropodes, de cadavres et de débris végétaux.
  • Pseudotachea splendida: espèce très caractéristique de nos garrigues, reconnaissable à sa coquille déprimée ornée de 3 ou 5 bandes foncées par tour de spire. L’ombilic est fermé.
  • Papillifera solida: petite espèce à coquille fusiforme et sénestre, très fréquente sous les pierres du massif des Calanques.
  • Solatopupa similis: cette petite espèce à coquille fusiforme et dextre possède un péristome prononcé, fin et tranchant. Ce taxon est inféodé aux milieux rocheux, il est souvent rupicole.
  • Granaria variabilis, coquille fusiforme avec un rétrécissement brutal des tours de spire de l’apex.
  • Tudorella sulcata: espèce remarquable en raison de sa répartition fragmentée, mais localement abondante dans le massif des Calanques. Elle ressemble à Pomatias elegans mais la coquille est plus grosse, orangée, et l’ombilic est plus ouvert.
  • Granopupa granum: très petite espèce trouvée sous les pierres et dans la litière.
  • Microxeromagna lowei (= armillata), petite espèce caractérisée par son periostracum à pilosité dense et courte.

A la fin de la journée, nous cherchons sur le littoral deux espèces remarquables potentiellement présentes dans la zone, Caracollina lenticula et Hypnophila boissii, sans succès.

Une semaine auparavant, lors de la préparation de la sortie, sur le même parcours, 7 espèces ont été observées en plus : Cochlostoma patulum, Pyramidula rupestris, Lauria cylindracea, Chondrina avenacea, Cochlicella acuta, Vitrea sp. et Jaminia quadridens elongata.

 

Manuel Cartereau